Novembre 2013. Vivre.

Depuis cette nuit du 13 novembre, je ne suis quasiment pas sortie de chez moi. Je pourrais me forcer, m’asseoir à la terrasse d’un café, faire acte de résistance, montrer que la peur ne me paralyse pas. Je ne pense pas être plus lâche qu’un autre, c’est juste que le cœur n’y est plus.

Le cœur n’y est plus. Il est resté quelque part, éparpillé entre les lignes d’un article sur le portrait d’une victime des attentats. Il s’est égaré sur la photo d’un visage, si jeune, qui ne sourira plus. Disséminé dans tous ces témoignages de parents, d’amis, d’époux, d’enfants qui ont perdu quelqu’un et qui devront vivre avec. Ou plutôt sans.

Je voulais moi aussi leur rendre hommage à ma façon. Aux vivants et aux morts, à tous ceux qui pleurent la disparition d’un être cher, à toutes les victimes du terrorisme à Paris, Beyrouth, Bamako et ailleurs, la douleur est partout la même. A nous tous réunis par le même espoir, puissions-nous trouver la paix.

Expliquer les attentats à un enfant

J’ai essayé de parler à ma fille de 5 ans des attentats du 13 novembre à Paris, avec des mots simples et sans me laisser déborder par mes émotions. Mais je ne savais pas si elle avait bien compris ce que je tentais de lui expliquer. Elle ne m’avait pas posé beaucoup de questions et je ne voulais pas insister. On reprendrait sans doute cette discussion plus tard.

Le lendemain elle a fait un dessin et m’a raconté que c’était des méchants qui venaient à Paris pour tuer des gens dans la rue. Une petite fille s’était cachée, elle avait très peur parce qu’elle entendait beaucoup de cris. Alors j’ai pris un feutre, et toutes les deux nous avons rajouté près de la petite fille, des parents pour la protéger. Et nous avons dessiné des policiers et des militaires qui ont emprisonné les méchants. La petite fille était sauvée. Puis nous avons rangé le dessin et nous sommes passées à autre chose.

Je continuerai à rassurer mes enfants, malgré mes propres angoisses. Je mettrai des mots de paix et d’espoir là où pour l’instant je ne ressens que de la peine et de la colère. Je leur apprendrai à ne pas faire d’amalgame entre musulman et islamiste intégriste, et de ne pas condamner une religion entière, sous prétexte qu’elle a été dévoyée par des fanatiques qui ne sont représentatifs que de leurs propres folie, violence et obscurantisme.
J’apprendrai à mes enfants à ne pas avoir peur de l’autre, du voisin qui pratique sa religion tout en partageant nos valeurs de tolérance et de paix.

Et puis je leur dirai de rester libres et de protéger sans cesse cette liberté.

Silence suspect

Il n’y a plus de bruit. Plus aucun bruit à part celui du frigo qui bourdonne. Les enfants se sont tus, c’est louche.
Chaque moment de silence est suspect. Ne plus entendre de cris, de disputes ou de plaintes ne présage rien de bon. Je le dis d’expérience, la dernière fois que j’ai trouvé un moment parfaitement calme, mon fils était en fait en train de racler la cuvette des toilettes pour manger la pastille de gel nettoyant. Les murs, à la rigueur ce n’est pas grave. Quelques dessins par ci, quelques taches par là, ça apporte une touche perso à la déco. Mais manger du Canard WC, franchement quelle idée…
Depuis, à chaque moment anormalement tranquille, je suis comme un cheval avant l’orage, je deviens fébrile.
– TOUT SE PASSE BIEN, LES ENFANTS ? VOUS NE FAITES PAS DE BÊTISES ?
– Non, non. On lit ! Me répond une petite voix, alors qu’ils viennent juste de vider par terre toute mon étagère de BD.
– Ah, c’est très bien, continuez comme ça !
Et je me replonge dans mon cocon silencieux, grappillant au maximum les dernières minutes de calme, avant la tempête.

Vous connaissez cette citation de St-Exupéry ?
« Aimer, ce n’est pas se regarder l’un l’autre, c’est regarder ensemble dans la même direction. »
C’est peut-être ça le secret du bonheur et de la longévité dans un couple. Regarder ensemble dans la même direction une série, un match de foot ou un documentaire animalier… Et après, s’aimer tellement plus fort !

Soirée foot

 

Vous savez, ça commence comme un de ces mauvais rêves, quand on doit passer un examen mais qu’on n’a rien révisé. On se perd dans les couloirs d’un lycée labyrinthique, en proie à une panique sourde. Les jambes pèsent 10 tonnes, les yeux ne voient plus, on se retrouve à poil devant une foule menaçante, battant désespérément des bras pour s’envoler. Un grand classique.
Hé bien, vous voyez ce cauchemar, je l’ai vécu. Mais en pire…

Atelier improvisé

Certaines mauvaises langues diront que c’est uniquement parce que l’instituteur de ma fille est beau que je me suis naturellement proposée pour animer des ateliers avec les enfants. Ce serait mal me connaître (hum) et oublier que chacun de mes actes est dicté par la volonté de me rendre utile et d’aider mon entourage. Seulement il m’arrive parfois de me fourvoyer… Comme on dit, l’enfer est pavé de bonnes intentions.

Bénévolat (totalement désintéressé)