La petite bibliothèque de rue

Depuis quelques semaines, j’avais très envie de vous parler de la petite bibliothèque de rue que des voisins ont installée sur la grille de leur maison. Les livres sont à disposition, on en prend, on en donne si on veut, on partage avec des inconnus les œuvres qu’on a aimées.

La première fois que je suis passée devant, j’ai ressenti une joie presque enfantine d’avoir à disposition une sorte de contenant magique qui ne se viderait jamais et qui m’offrirait la découverte de nouveaux mondes littéraires. En même temps, une voix dans ma tête grommelait que ce genre de projet ne tiendrait pas longtemps. Quelqu’un profiterait sûrement de l’aubaine pour embarquer tous les livres et les revendre. Mais pour l’instant, ça marche. Chacun joue le jeu,  et la bibliothèque ne désemplit pas, au contraire.

Alors moi qui avais le moral en berne, avec ce début d’année qui semble s’amuser à enchaîner les mauvaises nouvelles — C’est d’ailleurs pour ça que je m’étais arrêté d’écrire, je n’avais pas envie de partager des billets sponsorisés par Prozac et Lexomil —bref, moi qui étais en pleine crise existentielle, avec l’envie parfois d’éradiquer l’humanité entière (mais juste pour abréger ses souffrances, puisqu’apparemment elle est très encline à l’autodestruction) ; je ne sais pas pourquoi ni comment, mais cette petite bibliothèque de rue m’a redonné de l’espoir.
L’espoir, c’est tout con, ça naît de pas grand-chose : une bibliothèque ouverte aux passants, ou un jardin partagé, de l’entraide entre voisins, du covoiturage, des petits riens qui rendent le quotidien plus doux, plus solidaire.

Ce n’est peut-être pas ces initiatives citoyennes qui changeront radicalement notre société, mais elles y contribueront, et je les vois comme les prémices d’un mouvement plus profond, d’une véritable volonté de renouveau. J’aimerais y croire en tout cas.

Aujourd’hui je ferai un crochet par la bibliothèque pour y déposer les romans que j’ai dévorés. Et vous, si vous passez par chez moi, vous prendrez bien un livre ou deux avant de partir ? :)

livres

 

8 commentaires sur “La petite bibliothèque de rue

  1. KosmoZ
    12 avril 2016 à 19 h 00 min

    C’est joli Cochon, ça fait du bien. Merci.

  2. Cochon
    13 avril 2016 à 7 h 30 min

    Et moi, ça me fait plaisir de te lire ! Ça faisait longtemps :)

  3. Meurin
    13 avril 2016 à 8 h 51 min

    Très beau commentaire, plein d’espoir effectivement.
    C’est décidé, je vais installer « une boite à lire » … on les appelle comme ça dans le 78 et il y en a 2 qui ont eu les honneurs de la presse.
    2 à l’initiative de structure associative. On verra ce que ça domme dans mon petit quartier.

  4. Cochon
    13 avril 2016 à 11 h 01 min

    Vos voisins vous en seront reconnaissants ! :)
    Votre quartier est tranquille, ça devrait marcher chez vous aussi. Pour l’instant chez nous, pas de casse ni de vols. Au contraire, la bibliothèque déborde et il faudrait penser à en installer une deuxième ! Comme quoi, on est souvent trop pessimiste en pensant que ce genre de projet communautaire ne peut pas marcher.

  5. Thomas
    13 avril 2016 à 23 h 47 min

    Cherche bien, je suis sûr qu’on doit pouvoir trouver Maalouf ;)

  6. Cochon
    14 avril 2016 à 6 h 36 min

    Pourquoi Maalouf en particulier, on en avait déjà parlé ? (j’ai une mémoire de poisson rouge).
    Pour l’instant j’ai récupéré La Promesse du samouraï de Furutani (pas mal), La Nuit des enfants rois (prenant, mais assez glauque) et d’autres que je n’ai pas encore lus (L’Epopée du buveur d’eau de John Irving, Mercure d’Amélie Nothomb et L’Ile de Robert Merle).

  7. Thomas
    14 avril 2016 à 14 h 18 min

    On en a déjà parlé, oui :) J’ai mentionné un livre de lui (« Le Premier Siècle après Béatrice ») et il me souvient que tu avais manifesté une culpabilité certaine à son sujet.

  8. Cochon
    14 avril 2016 à 14 h 23 min

    Ah mais oui !!! Et je t’avais dit : J’ai honte, je suis Libanaise et je n’ai jamais lu de roman d’Amin Maalouf…
    Bon ben c’est toujours le cas… Hum…

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